En arrêt maladie, un salarié porté reste salarié de sa société de portage. La Sécurité sociale verse des indemnités journalières égales à 50 % du salaire journalier de base, après 3 jours de carence, dans la limite de 42,97 € bruts par jour en 2026. Le calcul repose sur les trois derniers salaires, pas sur le tarif facturé au client : un mois creux avant l’arrêt fait baisser l’indemnité.
Un consultant en portage salarial est couvert comme n’importe quel salarié du privé. Son arrêt maladie ouvre droit à des indemnités journalières versées par la CPAM, et sa société de portage joue le rôle d’employeur. Le piège se cache dans la base de calcul : elle reprend les salaires versés, et ces salaires suivent votre facturation, donc vos mois creux.
Qui verse quoi pendant l’arrêt ?
Le contrat de travail signé avec la société de portage reste en vigueur. Elle est l’employeur auprès de l’Assurance maladie, c’est elle qui établit l’attestation de salaire dont la CPAM a besoin pour payer. Le mécanisme des trois contrats est détaillé dans notre article sur le fonctionnement du portage salarial.
Votre client, lui, ne verse rien : tant que vous ne produisez pas, aucune facture ne part, donc aucun salaire n’est généré. Le revenu de l’arrêt vient de trois sources possibles, qui n’interviennent pas au même moment.
| Période de l’arrêt | Qui verse | Ce que vous touchez |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne en principe | Délai de carence, aucune indemnité de la Sécurité sociale |
| À partir du 4e jour | CPAM | 50 % du salaire journalier de base, versés tous les 14 jours |
| Selon ancienneté et contrat | Société de portage | Complément de salaire éventuel, à confirmer par écrit |
| Selon contrat | Organisme de prévoyance | Relais après un certain délai si vous êtes affilié |
Conditions pour ouvrir ses droits
Pour être indemnisé pendant les 6 premiers mois, il faut remplir l’une des deux conditions suivantes au jour de l’arrêt. Soit avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils précédents. Soit avoir cotisé, sur les 6 mois civils précédents, sur une rémunération au moins égale à 1 015 fois le Smic horaire.
Au-delà de 6 mois d’arrêt, les conditions se durcissent : 12 mois d’affiliation au moins et 600 heures travaillées sur les 12 derniers mois, ou une rémunération d’au moins 2 030 fois le Smic horaire sur la même période. Ces seuils valent à temps plein comme à temps partiel.
Si vous venez de signer votre premier contrat de portage, vos heures de salarié d’avant comptent aussi, à condition de rester dans les fenêtres de 3 ou 6 mois. Un démarrage avec une première mission payée tard peut laisser un trou dans les cotisations : vérifiez vos bulletins avant tout arrêt prévisible.

Calculer ses indemnités journalières
La formule tient en une ligne. On additionne les trois derniers salaires bruts avant l’arrêt, on divise par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base, puis on prend 50 % de ce montant. Chaque salaire mensuel pris en compte est plafonné à 1,4 fois le Smic, soit 2 613,82 € en 2026, ce qui limite l’indemnité à 42,97 € bruts par jour.
En portage, le point sensible est la régularité. Un consultant dont la facturation tombe à zéro un mois ne perçoit pas de salaire ce mois-là, et le zéro entre dans la moyenne. Le tableau compare quatre profils, calculés avec la méthode ci-dessus.
| Trois derniers salaires bruts | Salaire journalier de base | Indemnité par jour |
|---|---|---|
| 1 500 / 1 500 / 1 500 € | 49,32 € | 24,66 € |
| 2 000 / 2 000 / 2 000 € | 65,75 € | 32,87 € |
| 2 000 / 2 000 / 0 € | 43,84 € | 21,92 € |
| 3 000 / 3 000 / 3 000 € | 85,93 € (plafonné) | 42,97 € |
La troisième ligne parle d’elle-même : un seul mois sans salaire retire plus de 10 € par jour à l’indemnité par rapport à la deuxième ligne. Le dernier cas montre l’autre extrême. Au-dessus du plafond, un haut revenu ne rapporte plus rien de plus en indemnités, l’écart devant être comblé par le maintien de salaire ou la prévoyance.
Pour anticiper l’effet d’un salaire en dents de scie, relisez aussi les leviers pour optimiser son salaire en portage : lisser les versements avant un arrêt prévisible protège la base de calcul.
Carence, versement et durée maximale
Les indemnités sont versées après un délai de carence de 3 jours, qui s’applique à chaque arrêt. Pour un arrêt débutant le 1er du mois, elles courent donc à partir du 4. Elles sont dues pour chaque jour calendaire, week-ends compris, et la CPAM les verse tous les 14 jours.
Deux exceptions suppriment la carence : une reprise d’activité entre deux arrêts qui n’a pas dépassé 48 heures, et les arrêts successifs liés à une affection de longue durée.
- Cas général : 12 mois d’indemnités au maximum par période de 3 ans consécutifs.
- Affection de longue durée : indemnités versées pendant 3 ans, avec un nouveau délai de 3 ans si vous avez retravaillé au moins un an.
- Cumul : possible avec la part de salaire complémentaire versée par l’employeur, impossible avec les allocations chômage.
Les démarches dans le bon ordre
L’arrêt de travail comporte trois volets. Les volets 1 et 2 vont à la CPAM sous 48 heures ; un retard peut réduire l’indemnité, sauf force majeure.
Le volet 3 revient à la société de portage, qui produit l’attestation de salaire. Quand le médecin transmet l’arrêt par voie électronique, l’envoi se fait sans papier.
- Faites établir l’arrêt par un médecin et gardez les trois volets.
- Envoyez les volets 1 et 2 à la CPAM dans les 48 heures.
- Prévenez votre société de portage le jour même et transmettez le volet 3.
- Vérifiez qu’elle a bien émis l’attestation de salaire.
- Suivez les versements sur votre compte Ameli, puis sur votre bulletin de paie.
Sur le papier, seul le formulaire sécurisé est accepté par la Sécurité sociale : un ancien modèle, une photocopie ou un scan peuvent entraîner un rejet.
Maintien de salaire et prévoyance : ce qui reste à vérifier
Les indemnités de la Sécurité sociale ne remplacent pas un salaire complet. L’article L.1226-1 du Code du travail prévoit un maintien de salaire par l’employeur, conditionné à une ancienneté minimale. Dans le portage, la convention collective du portage salarial (IDCC 3219) et le contrat de prévoyance de la société complètent le dispositif.
Les niveaux de garantie varient d’une société à l’autre. Avant de signer, demandez par écrit à quel moment le maintien démarre, combien de temps il dure et à partir de quand la prévoyance prend le relais. Cette lecture du contrat se fait en même temps que celle des frais, décrits dans l’article sur les frais de gestion en portage.
Que devient la mission en cours ?
Un arrêt maladie ne rompt ni le contrat de portage ni la mission. En revanche, l’activité s’arrête : pas de jours facturés, donc pas de salaire sur la période. Un client qui ne peut pas attendre peut chercher un remplaçant, ce qui pèse sur la reprise.
Après au moins 60 jours d’absence pour raison non professionnelle, une visite de reprise auprès de la médecine du travail devient obligatoire avant le retour en mission. Anticipez-la avec votre société de portage. Si l’arrêt se prolonge, comparez aussi votre situation avec celle d’un contrat de portage en CDD, dont le terme est connu, et avec vos droits au chômage après une mission.
Un salarié porté touche-t-il des indemnités dès le premier jour ?
Non. Un délai de carence de 3 jours s’applique à chaque arrêt, les indemnités de la Sécurité sociale commencent donc le 4e jour. Il n’y a pas de carence si vous reprenez moins de 48 heures entre deux arrêts, ni pour des arrêts successifs liés à une affection de longue durée.
Quel est le montant maximal des indemnités journalières en 2026 ?
42,97 € bruts par jour. Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le Smic par mois, soit 2 613,82 €, pour les arrêts débutés depuis le 1er avril 2025. Au-dessus de ce niveau, l’indemnité ne progresse plus.
Combien d’heures faut-il avoir travaillé pour être indemnisé ?
Au moins 150 heures sur les 3 mois civils précédant l’arrêt, ou une rémunération soumise à cotisations au moins égale à 1 015 fois le Smic horaire sur les 6 mois précédents. Au-delà de 6 mois d’arrêt, 600 heures sur 12 mois sont exigées.
Qui doit prévenir qui en cas d’arrêt ?
Vous. Les volets 1 et 2 de l’arrêt partent à la CPAM sous 48 heures, le volet 3 à la société de portage, idéalement le jour même. C’est elle qui transmet à l’Assurance maladie l’attestation de salaire sans laquelle aucun paiement n’est possible.
Mon contrat de portage est-il rompu par un arrêt maladie ?
Non, l’arrêt ne met pas fin au contrat de travail. Il suspend l’activité et la facturation. Pour un arrêt d’au moins 60 jours, une visite de reprise auprès de la médecine du travail est requise avant de reprendre une mission.
Les indemnités se cumulent-elles avec le chômage ?
Non. Les indemnités journalières maladie ne se cumulent pas avec les allocations chômage. Elles se cumulent en revanche avec la part de salaire complémentaire que peut verser l’employeur.
Avant d’accepter votre prochaine mission, relevez vos trois derniers salaires bruts, appliquez la formule du tableau et demandez à votre société de portage ses règles de maintien et de prévoyance par écrit. Si un arrêt est prévisible, répartissez la facturation pour éviter un mois à zéro dans la fenêtre de calcul.
Service-Public.fr (Direction de l’information légale et administrative), « Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié » : conditions d’indemnisation, calcul, plafond 2026, délai de carence et durée de versement.
