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Choisir son statut

CDD ou freelance : durée, protection et TJM à comparer

Par · 14 octobre 2026 · 11 min de lecture

Choisir son statut · CDD ou freelance : durée, protection et TJM à comparer

Choisir entre un CDD et le freelance revient à choisir entre une protection de salarié et une liberté d’entrepreneur. Le CDD dure 18 mois au maximum dans le cas général, ouvre droit aux congés payés et, selon les cas, à une prime de précarité d’au moins 10 % du brut.

Le freelance fixe son TJM, trouve ses clients et supporte ses charges. Le portage salarial, qui offre un contrat de travail tout en gardant ses clients, sert de troisième voie.

Un CDD est un contrat de travail : vous avez un employeur, un salaire et un terme. Le freelance, lui, n’est pas un contrat, c’est une façon de travailler pour plusieurs clients avec un statut d’indépendant. Pour décider, il faut comparer ce que chacun protège, ce qu’il rapporte et ce qu’il coûte.

Comment distinguer un CDD d’une mission freelance ?

Les deux formules servent souvent à faire le même travail pendant quelques mois. Elles ne reposent pourtant ni sur la même logique juridique, ni sur la même prise de risque.

Critère CDD Freelance
Nature Contrat de travail avec un employeur Relation commerciale avec un client
Durée 18 mois maximum dans le cas général Fixée par la mission et le client
Rémunération Salaire mensuel négocié ou imposé TJM, avec charges à déduire
Congés payés Oui Non, les jours non facturés ne sont pas payés
Fin de contrat Prime de précarité d’au moins 10 % dans certains cas, droits au chômage Aucune indemnité de fin, pas de chômage de salarié
Recherche de clients Non, l’employeur fournit le travail Oui, c’est vous
Comparatif CDD et freelance, d’après le Code du travail numérique et des guides de choix de statut, octobre 2026.

La différence majeure tient à la fourniture de travail. En CDD, l’employeur vous donne un poste ; en freelance, vous devez le dénicher et le négocier. C’est aussi ce qui fait monter les tarifs journaliers.

Le CDD : durée, prime et limites

Le CDD ne peut être conclu que pour des motifs définis : remplacement d’un salarié absent, accroissement temporaire d’activité, emploi saisonnier ou d’usage dans certains secteurs. La durée maximale est de 18 mois dans le cas général, avec des plafonds propres à certains motifs : 9 mois dans l’attente d’un salarié recruté en CDI, 24 mois pour une commande exceptionnelle à l’exportation.

À défaut d’accord de branche, le contrat peut être renouvelé deux fois, dans la limite de sa durée maximale. La prime de précarité atteint au minimum 10 % de la rémunération brute totale versée ; elle n’est pas due dans tous les cas, notamment pas par défaut pour un contrat saisonnier ou d’usage.

Le CDD donne des congés payés et ouvre, à son terme, des droits au chômage selon la situation. En contrepartie, le salaire reste celui qui a été fixé à l’embauche : pas d’augmentation en cours de contrat, et les employeurs tiennent souvent compte de la prime et des congés pour calibrer la rémunération.

Le freelance : un statut, pas un contrat

Le mot freelance désigne un professionnel installé à son compte. Il n’est pas un type de contrat de travail : on exerce en freelance par l’un des trois montages.

D’abord l’entreprise individuelle, avec la micro-entreprise comme option. Ensuite la société unipersonnelle, EURL ou SASU. Enfin le portage salarial.

Le freelance choisit ses clients et ses horaires, mais il ne trouve pas toujours ses missions facilement. Sa rémunération se calcule en taux journalier, dont il faut déduire les outils, les déplacements et les charges sociales. Les secteurs où les missions ponctuelles abondent sont le créatif, le digital et l’informatique, la communication, l’immobilier et le conseil.

La méthode pour fixer ce taux est détaillée dans notre guide pour calculer son TJM de freelance. Une fois lancé, un contrat de prestation de service sécurise chaque mission.

Comparaison CDD, freelance et portage salarial : durée, protection sociale et recherche de clients
Trois façons de vendre son travail : ce qui est garanti, ce qui reste à votre charge.

Quel TJM pour égaler un CDD ?

La question qui tranche souvent est financière : à quel tarif journalier un freelance gagne-t-il autant qu’un CDD ? Voici une simulation maison, volontairement simple, qui montre l’effet du nombre de jours facturés. Elle part d’un CDD à 2 500 € brut par mois pendant 12 mois, soit 30 000 €, auquel on ajoute une prime de 10 %, soit 33 000 €.

Jours facturés dans l’année TJM minimum pour atteindre 33 000 €
150 jours 220 €
180 jours 183 €
200 jours 165 €
Simulation Freelance Portage, hypothèses écrites ci-dessus, avant cotisations et charges du freelance. Le calcul est un montant de départ, pas un tarif conseillé.

Ce TJM est un plancher brut : il ne tient compte ni des cotisations, ni de la mutuelle, ni des périodes sans mission, ni des frais d’outils. Plus vous facturez de jours, plus le plancher baisse ; mais en freelance, atteindre 200 jours est rare quand on démarre. Pour un tarif adapté à votre profil, comparez avec le TJM d’un consultant junior.

Pourquoi le portage salarial s’intercale entre les deux

Le portage permet de rester freelance dans la relation avec le client tout en étant salarié d’une société de portage. Vous trouvez la mission et négociez le prix ; la société facture, encaisse, puis vous verse un salaire. Elle n’a pas l’obligation de vous fournir du travail.

Dans ce cadre, le CDD de portage dure 18 mois au maximum, deux renouvellements compris, et se termine avec la mission. À son terme, une indemnité de fin de contrat de 10 % est due.

Les détails se trouvent dans notre article sur le portage salarial en CDD.

Le revers, ce sont les frais de gestion prélevés sur le chiffre d’affaires, expliqués dans notre article sur ce qu’il reste du TJM après ces frais. Le portage ne convient pas à tous les profils : il suppose de justifier d’une expertise et de chercher soi-même ses clients.

Ce que le freelance doit prévoir en plus

Passer du CDD au freelance, c’est reprendre à sa charge des fonctions que l’employeur assurait. Elles ne figurent pas dans le TJM affiché mais pèsent sur le revenu réel. La liste suivante résume ce qu’il faut poser avant la première mission.

  • Une assurance professionnelle. Elle n’est pas toujours obligatoire, mais beaucoup de clients l’exigent : voyez la RC pro du freelance.
  • Un compte bancaire distinct. Il sépare les flux personnels et professionnels.
  • La TVA. Selon le statut, c’est vous, le client ou la société de portage qui facture et déclare.
  • Un suivi des paiements. Un client qui paie en retard immobilise votre trésorerie.
  • Une réserve pour les jours sans mission. En CDD, le salaire tombe chaque mois ; en freelance, il tombe quand la facture est payée.

En portage, une partie de ces tâches passe à la société, en échange de frais de gestion. En CDD, tout est assumé par l’employeur, et ce confort explique que beaucoup de profils commencent par un contrat avant de se lancer.

La fiscalité mérite aussi un regard : déclarer un salaire de portage n’a rien à voir avec déclarer un chiffre d’affaires de micro-entrepreneur. Faites ce calcul avant de signer, pas après la première facture.

Quel statut choisir selon sa situation ?

  • Vous débutez ou vous revenez d’une longue pause : un CDD sécurise un revenu, des congés et des droits pendant que vous testez un métier.
  • Vous avez une expertise recherchée et des clients connus : le freelance, en micro-entreprise ou en société, laisse le TJM le plus haut.
  • Vous voulez rester salarié mais choisir vos missions : le portage, en CDD pour une mission isolée, en CDI pour enchaîner.
  • Votre secteur ne propose que du freelance : vérifiez d’abord le statut le plus adapté dans portage, micro, EURL ou SASU.

Un test simple : listez les clients qui accepteraient de vous payer demain. Si la liste est vide, commencez par un CDD ou un portage et construisez votre réseau en parallèle.

Quelles erreurs de comparaison éviter ?

La première consiste à comparer un salaire brut mensuel et un TJM sans convertir. Un TJM de 300 € ne correspond jamais à 300 € par jour dans la poche : il faut retirer les charges, les jours sans mission et les congés non payés.

La deuxième oublie la protection. Le CDD apporte congés payés et droits au chômage ; à l’inverse, un indépendant doit anticiper sa prévoyance et sa trésorerie, notamment les retards de paiement.

La troisième néglige l’après. Que se passe-t-il à la fin ? Pour les droits en sortie de portage, voyez le chômage après une mission en portage.

Questions fréquentes

Un freelance peut-il avoir un CDD ?

Oui, mais le CDD est un contrat de salarié avec un employeur. On peut cumuler un CDD et une activité indépendante selon les clauses du contrat, par exemple d’exclusivité. Lisez-le avant de signer.

Quelle est la durée maximale d’un CDD ?

18 mois dans le cas général, avec des plafonds de 9 ou 24 mois pour certains motifs. À défaut d’accord de branche, deux renouvellements sont possibles.

La prime de précarité est-elle toujours versée ?

Non. Elle atteint au moins 10 % du brut total, mais pas par défaut en fin de contrat saisonnier ou d’usage. La convention collective peut modifier la règle.

Le freelance a-t-il droit aux congés payés ?

Non. Un indépendant ne perçoit rien les jours où il ne facture pas. Il doit prévoir ses vacances dans son TJM.

Le portage est-il un CDD ou du freelance ?

Les deux : contrat de travail avec la société de portage, mais clients et tarifs négociés par vous. Le contrat peut être un CDD de mission ou un CDI.

Quel statut rapporte le plus ?

Le freelance affiche le TJM le plus élevé, mais avec des jours sans mission et des charges. Le CDD offre un revenu stable. La simulation du tableau montre l’effet du nombre de jours facturés.

Calculez d’abord le salaire annuel que vous visez, divisez-le par le nombre de jours que vous pensez facturer, puis comparez le résultat à deux offres réelles. Si l’écart est mince, le CDD ou le portage protège mieux ; s’il est large, le freelance se justifie.

Source CDD : quelle est la durée maximale ? Combien de renouvellements ?, Code du travail numérique, ministère du Travail.
Portrait de Marion Delseny
Consultante indépendante, portage puis micro

J'ai testé les deux statuts pour de vrai : trois ans en portage, la micro ensuite. Les simulateurs en ligne oublient la moitié des lignes.

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Publié le 14 octobre 2026 · dernière vérification le 14 octobre 2026.