Un consultant junior facture le plus souvent entre 350 et 500 € par jour, un peu plus en informatique spécialisée, un peu moins en conseil généraliste. Ce chiffre n’est pas un salaire : à 400 € pendant 150 jours, le chiffre d’affaires est de 60 000 €, dont il reste à peu près la moitié en portage. La première année, comptez 100 à 150 jours facturés, pas 200. Le TJM se calcule donc depuis le net visé, pas depuis les annonces.
Entre 350 et 500 € par jour : voilà la fourchette que citent la plupart des pages sur le sujet pour un consultant débutant. L’écart est trompeur, parce qu’un TJM ne dit rien de ce qui arrive sur le compte. Cet article donne les ordres de grandeur, puis fait ce que les pages concurrentes ne font presque jamais : partir du revenu que l’on veut, remonter au TJM, et mesurer combien de jours il faut vraiment facturer.
Qu’appelle-t-on un consultant junior ?
Le mot n’a pas de définition légale. Dans les missions de conseil, un consultant est dit junior quand il a moins de trois ans d’expérience dans son domaine, qu’il travaille encadré ou sur un périmètre borné, et qu’il n’a pas encore de références clients à citer. Certains clients placent la barre à deux ans, d’autres à trois.
Deux profils se rencontrent. Le premier sort d’école ou d’un poste de salarié et se lance directement. Le second vient d’un autre métier et se reconvertit dans le conseil, avec une expertise de terrain mais pas de passé de consultant. Le second négocie souvent mieux, parce qu’il apporte un savoir qu’un diplômé n’a pas.
Quel est le TJM d’un consultant junior ?
Aucune statistique officielle n’existe sur le sujet. Les chiffres qui circulent viennent de simulateurs, de sociétés de portage et de plateformes de missions. Ils convergent sur un ordre de grandeur, pas sur un barème.
| Profil junior (0 à 2 ans) | Fourchette indicative par jour | Médiane indicative |
|---|---|---|
| Conseil généraliste, organisation | 300 à 450 € | environ 380 € |
| Transformation digitale | 350 à 480 € | environ 415 € |
| Cybersécurité | 400 à 520 € | environ 460 € |
| ERP et expertise éditeur | 400 à 550 € | environ 475 € |
Deux effets font bouger ces chiffres. La localisation d’abord : en Île-de-France, les tarifs dépassent en général ceux de province de 15 à 20 %. L’expérience ensuite : un consultant senior facture couramment 40 à 60 % de plus qu’un junior, comme le détaille l’article sur le TJM d’un consultant senior.

Estimer son TJM depuis le net visé
La méthode la plus fiable renverse la question. On ne cherche pas « combien vaut un junior », on cherche « combien de jours facturés pour obtenir mon net ». Quatre étapes suffisent.
- Fixez le net mensuel que vous voulez, par exemple 2 500 €, soit 30 000 € sur l’année.
- Divisez par le ratio net sur chiffre d’affaires. En portage, on retient environ 0,5 : il faut donc 60 000 € de facturation.
- Choisissez un nombre de jours réaliste, 120 la première année par exemple.
- Divisez : 60 000 / 120 = 500 € par jour.

Le résultat surprend souvent. Un net de 2 500 € demande 400 € par jour si l’on facture 150 jours, mais 500 € si l’on n’en facture que 120. La méthode complète, avec les charges, est détaillée dans le guide pour calculer son TJM de freelance.
| Net mensuel visé | TJM à 180 jours | TJM à 150 jours | TJM à 120 jours |
|---|---|---|---|
| 2 000 € | environ 267 € | 320 € | 400 € |
| 2 500 € | environ 333 € | 400 € | 500 € |
| 3 000 € | 400 € | 480 € | 600 € |
Du TJM au revenu : ce qu’il reste
Un TJM est un prix de vente, pas un salaire. Entre la facture et le virement, il y a les frais de la société de portage, les charges sociales, les jours sans mission. Le tableau ci-dessous donne le chiffre d’affaires annuel et le net mensuel approximatif, pour des TJM de débutant.
| TJM | 100 jours | 150 jours | 180 jours |
|---|---|---|---|
| 350 € | 35 000 € de CA, net d’environ 1 460 €/mois | 52 500 € de CA, net d’environ 2 190 €/mois | 63 000 € de CA, net d’environ 2 625 €/mois |
| 400 € | 40 000 € de CA, net d’environ 1 670 €/mois | 60 000 € de CA, net d’environ 2 500 €/mois | 72 000 € de CA, net d’environ 3 000 €/mois |
| 450 € | 45 000 € de CA, net d’environ 1 875 €/mois | 67 500 € de CA, net d’environ 2 815 €/mois | 81 000 € de CA, net d’environ 3 375 €/mois |
| 500 € | 50 000 € de CA, net d’environ 2 085 €/mois | 75 000 € de CA, net d’environ 3 125 €/mois | 90 000 € de CA, net d’environ 3 750 €/mois |
Le ratio de 0,5 est une simplification. Il dépend du taux de frais de gestion de la société de portage, détaillé dans l’article sur les frais de gestion en portage, et de la situation de chacun. Vérifiez-le sur une simulation avant de signer.
Combien de jours facturer la première année ?
Une année compte environ 225 jours ouvrés réellement disponibles : 365 jours, moins 104 jours de week-end, 25 jours de congés et une dizaine de jours fériés tombant en semaine. Un consultant installé en facture 180 à 200, le reste passant en prospection, formation et intercontrat.
Pour un junior, le calcul est plus sévère. Les premières missions s’obtiennent au bout de un à trois mois, le réseau est mince, et les clients testent d’abord sur des périmètres courts. Prévoyez 100 à 150 jours la première année, et calibrez votre trésorerie là-dessus.
Bâtissez le budget de la première année sur 100 jours facturés. Tout jour au-delà est un bonus, tout jour en dessous ne met pas en danger la trésorerie.
Portage ou micro-entreprise pour démarrer
Pour une première mission, deux voies dominent. Le portage salarial donne un statut de salarié, la couverture sociale correspondante et aucune création de structure, au prix de frais de gestion. La micro-entreprise coûte moins cher en frais, mais le chiffre d’affaires est plafonné à 77 700 € par an pour une activité de prestation de services.
| TJM | Jours avant d’atteindre 77 700 € |
|---|---|
| 350 € | 222 jours |
| 400 € | 194 jours |
| 450 € | 172 jours |
| 500 € | 155 jours |
Un junior qui facture 150 jours à 500 € approche du plafond. Celui qui facture 100 jours à 400 € en reste loin. Le choix se joue donc moins sur le TJM que sur l’ambition de volume. Le comparatif complet, avec EURL et SASU, se trouve dans l’article portage, micro, EURL ou SASU : quel statut choisir. Pour comprendre le mécanisme du salaire porté, lisez le portage salarial expliqué, et pour la démarche d’inscription, le dossier jusqu’au contrat.
Ce qui fait monter ou baisser le TJM d’un débutant
À expérience égale, deux consultants juniors peuvent facturer du simple au double. Cinq éléments expliquent l’essentiel de l’écart, et un seul dépend vraiment du temps qui passe.
- La spécialité : une compétence que le marché peine à trouver, comme la cybersécurité ou un outil d’éditeur, se paie plus qu’un profil généraliste.
- La localisation : une mission à Paris se négocie 15 à 20 % plus haut qu’en province, mais le coût de la vie suit.
- Le canal : en direct, le client paie votre prix. Par un intermédiaire, il paie plus et vous touchez moins, la différence étant la marge de l’intermédiaire.
- La durée : une mission longue, de six mois à un an, justifie un TJM légèrement plus bas qu’une mission courte, parce qu’elle réduit le temps perdu à chercher la suivante.
- Les références : une première mission réussie, avec un client qui accepte d’être cité, pèse davantage que deux ans d’ancienneté sans preuve.
Le dernier point est le plus sous-estimé. Pour un junior, la première mission sert autant à gagner de l’argent qu’à constituer un dossier de preuves : un livrable montrable, un témoignage, un chiffre de résultat. C’est ce dossier qui justifie le saut vers le haut de la fourchette à la mission suivante.
Prévoir la trésorerie des premiers mois
Le premier chèque n’arrive pas avant la fin du mois de la première mission, souvent plus tard : facturation en fin de mois, délai de paiement de 30 jours, parfois 45. Un consultant qui démarre sans réserve vit un trou de deux à trois mois.
| Étape | Délai typique |
|---|---|
| Recherche de la première mission | 1 à 3 mois |
| Début de la mission jusqu’à la facturation | environ 1 mois |
| Délai de paiement client | 30 à 45 jours |
| Total avant le premier revenu | 3 à 5 mois |
Une réserve de trois mois de dépenses courantes est donc le minimum raisonnable. En portage, le salaire est versé après encaissement de la facture : le décalage existe aussi, il ne disparaît pas avec le statut de salarié.
Négocier sans brader
Un junior a deux erreurs classiques : accepter le premier chiffre proposé, et baisser son TJM pour décrocher la mission. Quelques repères aident à tenir.
- Ne descendez jamais sous votre plancher calculé, même pour une première mission : un TJM trop bas devient la référence du client suivant.
- Annoncez un TJM, pas un salaire : le client compare des prix de prestation.
- Demandez si le client passe par un intermédiaire : le tarif qu’il paie est alors supérieur à celui que vous touchez.
- Prévoyez une hausse de 10 à 15 % au renouvellement d’une mission, souvent acceptée par les clients satisfaits.
- Valorisez une compétence rare : une certification, un outil, un secteur. C’est elle qui justifie le haut de la fourchette.
Ces repères valent surtout quand la discussion se mène à froid, avant la mission. Une fois en poste, renégocier au bout de trois mois sur un argument factuel, comme un périmètre élargi, est la voie la plus simple. Pour comprendre comment se passent les premiers pas d’un indépendant, l’article sur les six décisions à prendre d’abord met l’ordre dans les priorités.
Les pièges du premier contrat
Trois points se règlent avant la signature, et pas après.
Le délai de paiement. Il est plafonné par la loi, mais certains clients tentent de l’allonger. Les plafonds et pénalités sont détaillés dans l’article sur le délai de paiement, et la marche à suivre en cas de retard dans la procédure quand un client ne paie pas.
Les clauses du contrat. Périmètre, livrables, durée, résiliation : un junior les survole souvent. Les clauses utiles sont listées dans le guide du contrat de prestation de service.
L’assurance. Beaucoup de clients exigent une assurance responsabilité civile professionnelle avant de démarrer. Le point sur l’obligation et les garanties se trouve dans l’article sur la RC pro du freelance.
Questions fréquentes
Combien facture un consultant junior par jour ?
Entre 350 et 500 € par jour en général, avec des écarts selon le domaine : un peu moins en conseil généraliste, un peu plus en cybersécurité ou en ERP. Ces chiffres sont des estimations, pas des tarifs garantis.
Combien de jours facture un consultant débutant ?
Comptez 100 à 150 jours la première année, contre 180 à 200 pour un consultant installé. Les premières missions demandent un à trois mois de recherche, et les clients commencent par des périmètres courts.
Comment calculer son TJM quand on débute ?
Partez du net mensuel visé, multipliez par 12, divisez par un ratio net sur chiffre d’affaires d’environ 0,5 en portage, puis divisez par le nombre de jours que vous comptez facturer.
Le portage est-il adapté à un junior ?
Souvent oui pour une première mission : statut de salarié, couverture sociale, aucune structure à créer. Les frais de gestion réduisent le net, mais ils évitent les démarches de création.
Jusqu’à quel chiffre d’affaires peut-on rester en micro-entreprise ?
Le plafond est de 77 700 € par an pour une prestation de services. À 400 € par jour, il est atteint après environ 194 jours facturés.
Peut-on augmenter son TJM après la première mission ?
Oui. Une hausse de 10 à 15 % au renouvellement est courante, surtout si le périmètre s’est élargi ou si vous avez acquis une compétence rare.
Prenez cinq minutes avec un tableur : le net mensuel que vous voulez, divisé par 0,5, puis par 120 jours. Le résultat est votre TJM plancher pour la première année, celui sous lequel il ne faut pas signer.
Service-Public.fr Entreprendre : seuils de chiffre d’affaires du micro-entrepreneur, consulté le 9 octobre 2026.
